• Je dis « ami », mais j’aurais dû dire « ennemi »… Sauf que vous n’auriez peut-être pas compris…

    L’ami imaginaire, c’est celui que certains enfants se créent, qui les rassure, avec qui ils jouent, partagent, et discutent.

    L’ami imaginaire est un confident pour le jeune enfant.

    Mon jeune enfant à moi n’a pas d’ami imaginaire. Mais il a eu un ennemi…

    Un personnage invisible qui le paralysait d’angoisse. Une présence menaçante qui le pétrifiait.

    Un ennemi que nous n’avons jamais vu, mais qu’il nous désignait d’un doigt tremblant : « Aaaaaaah ! OuaOua ! ». On se retournait, mais il n’y avait rien. Aucune trace de « OuaOua » à l’horizon. Pourtant, Bouchon reculait jusqu’à ne plus pouvoir à cause du mur. Il se recroquevillait, et allait même parfois se cacher…

    Heureusement, « OuaOua » n’est jamais rentré chez nous. Il a eu la bonne idée de rester de l’autre côté de la porte-fenêtre, dans le jardinet (et Bouchon a eu la bonne idée de s’inventer son ennemi en automne, quand les trombes d’eau nous empêchaient de jouer dehors). Il n’y avait que la fermeture des volets pour tranquilliser notre bébé. C’était la seule façon de maintenir « OuaOua » hors de sa vue, et de le calmer. La seule manière de lui permettre d’évoluer librement dans la salle à manger.

    On s’est vraiment demandé d’où venait ce « OuaOua », apparu si brusquement dans la tête de notre Bouchon… Et puis on a repensé… à la « bonne » blague de Hérisson…

    Comme Bouchon a peur des chiens, son frère s’était un jour exclamé, pour rigoler : « Attention Bouchon ! Regarde, il y a un chien dans le jardin ! » au moment où nous levions les volets. Bébé s’était mis à hurler d’angoisse, et les grands oisillons avaient bien rigolé de cette si bonne blague… « OuaOua » venait d’entrer dans nos vies…

    C’était en automne, et heureusement, ce fut de courte durée : en décembre, « OuaOua » a été remplacé par le sapin de Noël, plus concret, plus menaçant, et surtout à l’intérieur même de la maisonnette ! La sapinophobie commençait…

    L’ami imaginaire


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  • Mmmh… Oui, allez, je vous en parle ! Une bonne soirée toute pourrie comme ça, ça ne demande qu’à être partagé, non ?

    Non ?

    Ben si !

    Tout a commencé quand l’Homme, qui devait partir en déplacement en Espagne m’a annoncé le matin-même : « finalement, je ne suis pas sûr de partir. Si ma réunion d’aujourd’hui ne finit pas avant 15h, je n’aurai pas le temps d’attraper mon avion ! »

    En fait, ça, c’était plutôt chouette (qu’il ne parte pas en Espagne). Jusque là, la journée ne s’annonçait pas trop mal. Nous avions donc décidé qu’il me textoterait dans l’après-midi pour me prévenir de sa présence le soir ou non.

    Ok.

    15h, pas de nouvelles.

    16h, nada.

    17h, makach.

    18h « Maman ? Qu’est-ce qu’on mange ?” Ben… Des pâtes avec du gruyère, puisque votre père ne rentre pas ! Acclamations de joie, tout va bien.

    18h30… SMS… Avion raté.

    Les pâtes se sont donc transformées en quiche à l’oignon (parce que les oignons pourrissaient et que l’Homme et moi, on adore ça !)(la quiche aux oignons, hein, pas les oignons pourris…).

    J’ai donc passé le début de la soirée à ramer… Tenter d’enfourner de la quiche aux oignons dans le bec d’oisillons qui attendaient des pâtes au gruyère… J’imagine que je n’ai pas besoin de vous faire de dessin… ? Surtout que j’avais oublié de mettre des œufs dans la quiche, pauvre quiche…

    20h30, oisillons couchés.

    20h45, SMS prévenant que l’Homme allait débriefer sa réunion au café (hum…) avec les collègues, et rentrerait un peu en retard.

    Alors j’ai mis ma quiche (sans œufs) au four pour la garder au chaud, et j’ai regardé un téléfilm boulifiant à la TV.

    22h30. Téléfilm boulifiant terminé, Bibi en larmes, le ventre criant famine.

    J’avais la dalle, j’avais les crocs, je n’en pouvais plus !!!

    Alors j’ai voulu textoter à l’Homme en lui renvoyant notre adresse (Héhé... Des fois qu'il soit tellement imbibé qu'il oublie le chemin pour rentrer ? 1h30 au café, quand même...). J’ai pris mon téléphone, j’ai fait chauffer mes petits doigts et… ai enfin vu le SMS arrivé plus d’une heure avant, annonçant que je pouvais manger ma quiche toute seule vu que monsieur était à la pizzéria avec ses collègues pour finir le debriefing !!!

    22h45… J’ai mangé ma quiche tiède, seule, et sans œufs… Quelle quiche !

    Je vous parle de ma soirée d’hier soir ?


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  • Il y a deux ans, j’ai eu une idée. Une jolie idée à développer. Une petite graine d’idée qui ne demandait qu’à s’épanouir.

    Il y a deux ans, j’ai eu cette idée, mais pendant que, tranquillement, je l’arrosais, j’ai décidé qu’avec mon autre main, je pourrais ouvrir ce blog pour partager, écrire et dialoguer.

    Et puis ce blog a pris une place beaucoup plus importante que ce que je pensais. Ma tête, mon cœur et mes pensées se sont tournées presque exclusivement vers lui. Au détriment de ma petite graine d’idée.

    J’ai décidé d’écrire quotidiennement ici. Du lundi au vendredi. Parce que je me connais trop bien, et que je craignais que sans « obligation », la procrastination laisse vite un terrain vague dans ce petit espace chéri.

    Alors j’ai bichonné ce blog. J’ai écrit, j’ai partagé, j’y ai pris beaucoup de plaisir… et y ai passé beaucoup de temps.

    Pendant ce temps, ma petite graine d’idée, elle, a germé. Lentement, puisque je n’y accordais que peu d’attention, mais elle a réussi à germer quand même.

    Alors je l’ai plantée, et une petite pousse en est sorti.

    J’ai commencé alors à regarder un peu plus du côté de cette pousse. A peaufiner mon idée, à la mettre en place, à la développer. Tout doucement.

    Ca a duré deux ans. Deux ans…

    Ma petite graine a bien poussé. Je l’ai entretenue, je l’ai bien arrosée, je l’ai mise au soleil, et j’ai pas mal jardiné. Mais mon autre main était toujours sur mon blog quotidiennement. Indisponible pour la petite graine.

    Impossible d’avancer plus vite, et pourtant, ma petite plante demandait de plus en plus d’attention : taille, arrosage, lumière, soins et engrais…

    Impossible de continuer à m’en occuper 5 minutes par semaine comme c’était le cas.

    Alors je me suis assise à côté de ma petite plante, et j’ai réfléchi.

    Ma petite plante, elle était jolie. Fine, harmonieuse, délicate, ensoleillée et joyeuse. Pétillante et pleine de promesses. Je ne pouvais plus continuer comme cela.

    Mais mon blog, mon petit blog à moi… Je n’avais aucune envie non plus de l’arrêter là !

    Alors j’ai décidé de prendre sur moi. D’arrêter la publication effrénée d’articles. De ne plus publier autant, mais de me forcer à ne préparer des billets que deux à trois jours par semaine. Et de profiter alors de ce que ma main ne serait plus occupée quotidiennement à écrire sur le blog, pour faire grandir ma jolie petite plante, toujours plus belle, toujours plus forte, et toujours merveilleuse.

    Ma petite graine d’idée a dorénavant bien grandi. Elle se fait belle pour sa sortie dans le monde. Il me reste pas mal de choses à faire, aussi je ne vous en dévoilerai pas plus aujourd’hui. Mais sachez que ses fruits sont réussis ! Jolis et juteux, colorés et sucrés. Vous serez les premiers informés de l’éclosion de ma plante, c’est promis ! Ce projet, cette petite graine d’idée, ça fait deux ans que je la porte… Quand elle sortira, elle sera prête.

    En attendant, mon blog ne deviendra jamais une jachère ou un terrain vague. Je continuerai à publier très régulièrement, à partager, sur ma vie, mon nid, et désormais aussi sur cette petite graine d’idée en train de devenir belle et jolie plante, ce petit coin de potager que j’espère pouvoir bientôt vous révéler… En espérant qu’il vous plaira autant qu’à moi !

    La petite graine


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  • C’est un dicton connu, que les parents d’ados confirment, le regard vitreux. Je le connais depuis longtemps, mais je commence seulement à en percevoir la triste réalité…

    Les petits soucis, avec mes oisillons bébés, ce furent les coliques du nourrisson, un Bouchon qui ne marchait pas alors que tous les examens étaient nickels, ou encore un Hérisson qui a marché trop vite et qu’il fallait surveiller comme le lait sur le feu…

    Les petits soucis, avec mes oisillons petits, ce furent les petites disputes avec les copains, le bon point qu’on n’a pas eu, ou l’autre petit garçon qui a pris le ballon convoité…

    Mes enfants sont encore petits. Les problèmes aussi.

    Mais je commence, tout doucement, à voir la porte des gros soucis s’entrouvrir. Par poussées, timidement mais sûrement, la farandole des gros soucis entre sur la pointe des pieds. Oh, ce n’est pas grand-chose… pour l’instant…

    Ma puce, bientôt 9 ans, en quête de câlins et de parties de guili endiablées, laisse parfois transpercer des accents d’adolescente… Quand les yeux se lèvent et que la parole se fait insolente, lorsque les soupirs se font bruyants et que les portes claquent, lorsque les histoires de cœur prennent davantage de place que les consignes de la maîtresse, ou encore quand les messes-basses avec les copines fleurissent lorsque l’on fait une remarque, notre petite fille chérie se transforme alors en adolescente rebelle. En adolescente à fleur de peau. En adolescente écorchée vive.

    Et à ce moment-là, moi, la maman, adulte et forte, me retrouve en proie à un questionnement intense. Un sentiment d’incapacité. Une angoissante faiblesse. Une peur de ne pas trouver les mots, les gestes, de ne pas avoir la réponse attendue, adéquate, celle qui aide vraiment, qui permettrait à ma puce d’avancer.

    Devant ces accents-là, ces pointes d’adolescence, je suis dépassée. Mes réflexes de maman de bébé ne peuvent s’appliquer à ces réactions de grande en recherche. Et ça m’inquiète. Car dans ces moments-là, j’entrevoie ce que seront les années futures. Des années chargées jour après jour de ces remarques, ces soupirs, ces messes-basses, ces silences. Des années marquées par ma présence impuissante et désolée. Des années durant lesquelles je serai dépassée.

    Et puis, finalement, je me dis qu’avant d’avoir mes enfants, mes petits, je n’étais peut-être pas d’avantage capable de gérer les petits soucis de ces petits oisillons. Est-ce que je m’imaginais réagir au quart de tour, filer à l’hôpital, protéger les meubles, câliner, encourager, cadrer ? Non. Pas avec la force de conviction dont je suis capable maintenant.

    Alors oui. Finalement, une maman évolue sans doute avec ses enfants. Elle apprend en même temps qu’eux.

    Eux, à être enfants, puis adolescents,

    Et elle, à être maman d’enfants plus ou moins grands. Tout simplement.

    Petits enfants, petits soucis, grands enfants…


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  • Après une nuit assez pourrie, je n’étais décidément pas bien réveillée ce matin… En même temps, je ne suis jamais bien réveillée, le matin…

    D’habitude, les oisillons sont comme moi. C’est chouette, on déjeune en se regardant dans le blanc des yeux (vitreux, les yeux), tout en faisant un grand concours de bâillement (en général, je gagne).

    Ce matin, j’ai gagné haut la main ! Tandis que je baillais en rythme, les oisillons, eux, ultra-réveillés, ont entamé la journée par un concours de blagues débiles… Ca changeait, niveau concours, mais c’est quand même beaucoup plus fatiguant… Surtout pour un matin !

    Nous avons donc entamé la journée par des « Oh maman, j’ai oublié de mettre un slip-poisson-d’avril ! », « Oh maman, on est déjà le soir-poisson-d’avril ! », « Oh maman, tu as la langue toute bleue-poisson-d’avril ! ». Poilade assurée (surtout le matin)…

    Et puis, se lassant sans doute de mon œil vitreux, les grands ont décidé de changer de victime. Bouchon était la cible toute trouvée ! Somme toute, pour un matin, il était plus facile à abuser… Alors les bonnes blagues fines ont continué à fuser : « Oh, Bouchon, regarde, il y a un éléphant dans le salon-poisson-d’avril ! », « Oh, Bouchon, regarde, il y a une girafe au plafond-poisson-d’avril ! », « Oh, Bouchon, regarde, il y a un dragon derrière toi-poisson-d’avril ! ». Bouchon se contorsionnait pour repérer le zoo, les oisillons étaient hilares… Qu’est-ce qu’on se marre (surtout pour un matin) !

    Bon, finalement, après avoir fait hurler Bouchon de terreur parce qu’il y avait « un dinosaure qui va t’écraser-poisson-d’avril », les oisillons se sont calmés. Et se sont attaqué à leurs tartines (ce n’était pas trop tôt).

    Entre temps, j’avais commencé à me réveiller. Et comme je suis une vraie boute-en-train du matin, j’ai tenté la bonne blague du jour : « Vous savez, les enfants, que François Hollande doit changer des choses pour montrer aux français qu’il les a entendus, après les résultats des élections municipales… Et bien, pour rassurer les français et éviter tous les vols et agressions qui se font la nuit, il a décidé qu’on allait continuer à changer d’heure tous les week-ends. Des changements plus importants, pour accélérer les choses… Et donc, les 6 prochaines semaines, on va perdre 2h de sommeil par week-end. A la fin, quand il sera 8h du matin pour nous, il sera 20h au soleil ! Vous irez à l’école la nuit, on travaillera la nuit… Et on dormira le jour. Il y aura moins d’agressions quand tout le monde dormira, puisqu’il fera plein jour ! ».

    « Pas bête », a dit Hérisson.

    « Mais on va dépenser plus d’électricité ! », a remarqué Coquillette.

    Hé hé hé ! Poisson d’avril !!!

    Je suis définitivement trop drôle !

    (surtout le matin)

    Une matinée si drôle…


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