• Lorsque Coquillette a eu 4 mois 1/2, j’ai dû reprendre le boulot… J’avais poussé le congé maternité à son maximum, d’abord parce que Coquillette était née 3 semaines en avance, et que j’ai donc eu 3 semaines de rab avec elle, puis parce que mon médecin m’a prolongé un peu mon arrêt pour me permettre d’allaiter un maximum, et ensuite en rajoutant des congés-vacances.

    Mais bon, il faut bien se rendre à l’évidence : un jour ou l’autre, les possibilités de recul touchent à leur fin, et la reprise du boulot est pour le lendemain…

    Je n’ai jamais été accro à mon boulot. Pourtant, je l’aimais beaucoup, j’ai eu du mal à partir en congé maternité, avec la peur que mon cdd ne soit pas prolongé durant ce temps. J’ai eu du mal à partir, mais quand mon petit bout de femme a pointé, ma vision de la vie s’est modifiée… Pas radicalement, non, mais mon boulot a pris beaucoup moins d’importance. Au final, j’ai vécu mon congé maternité en regardant anxieusement les jours défiler, me rapprochant inexorablement de la reprise. Obligatoire si je ne voulais pas dire définitivement au-revoir à mes cdd…

    La question de la garde de ma puce s’est donc posée. MA puce. Mon tout-petit. Mon bébé à moi. Mon cœur d’amour. Ma chérie. Ma petite nenette.

    Je ne voulais pas la confier à n’importe qui.

    J’entendais beaucoup autour de moi les gens dire que pour un nouveau-né, le meilleur mode de garde était la nounou. Ambiance calme, feutrée, familiale. Affection, câlins, attention.

    Oui…

    Oui, mais…

    Oui, mais ce n’était que difficilement envisageable pour moi. Comment ma puce, gardée la journée entière par une gentille dame, pouvait comprendre ensuite que sa mère, c’était moi ? Comment pouvais-je ne pas être jalouse de la femme qui allait davantage voir mon petit bout de femme que moi ? Comment être sûre que ma puce garderait toujours plus d’amour pour moi que pour cette inconnue qui deviendrait ensuite une référence ? J’entendais et je voyais tellement d’enfants plus grands accros à leur nounou… Même si ce sentiment était totalement irraisonné, il me prenait totalement aux tripes, et je ne pouvais me résoudre à confier mon cœur à une « rivale »…

    Non…

    Il me fallait une place en crèche. En collectivité. Où plusieurs adultes allaient graviter auprès de ma puce, et où un plus grand nombre d’enfants allait être confié aux adultes. Une masse, une fourmillère. Mais une fourmillière chargée d’amour, où chaque enfant est unique, et non pas un numéro. Cependant, un endroit où il n’y aurait pas UN SEUL adulte référent, et où donc l’amour de ma puce serait partagé entre tous. Moi contre un groupe d’adultes… Le match me semblait plus facile à gagner !

    Restait encore à y trouver une place…


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  • Tu es enceinte, tu es pleine, tu es heureuse…

    Pendant les trois premiers mois, tu es tellement heureuse que tu l’exprimes au-dessus de la cuvette…

    Pendant les trois mois suivants, c’est le bonheur absolu, ton bidou commence à ressemble à un bidou rempli d’amour, tu l’exhibes, tu le montres, il est beau, il est doux, il est plein…

    Pendant les trois derniers mois… Ton beau bidou se fissure (adieu les bikinis), ton dos te tiraille (vive les massages du soir), ton ventre est ENORME (et tu fais gicler les verres de la table dès que tu te retournes pour prendre la carafe…).

    Mais ce que tu ne sais pas, c’est qu’il peut t’arriver de multiples autres choses, pendant ces 9 mois…

    Ce que tu ne sais pas, c’est que tes pieds (en plus de sentir), peuvent te démanger. Te démanger atrocement. Au point que tu ne penses plus qu’à eux, au lieu de penser à ton tout-petit, locataire de ton bidou… Ils te démangent tant que tu te grattes jusqu’au sang… Et après, ils te font mal. Et ils grattent… toujours…

    Et puis tes mains peuvent se mettre à te démanger également. Tout pareil. Tu vois d’ailleurs apparaître dessus de minuscules boutons, que tu ne voyais pas sur les pieds (rapport au bidou qui s’épanouit entre tes yeux et eux…).

    Alors tu en parles à ton pharmacien… qui ne sait pas ce que c’est et ne voit pas trop quoi te donner (il a remarqué ton bidou proéminent)…

    Donc tu consultes ton médecin… qui ne sait pas ce que c’est, et te prescrit une crème à base de corticoïde « dont il ne faut pas abuser parce que c’est toxique pour le bébé »… Hé hé… Alors tu n’en mets pas…

    Et puis comme tu vois ton gynéco, tu lui en parles… Tu ne vois pas trop ce qu’il va pouvoir faire, vu que lui, son métier, c’est ton bidou, ce qui y est installé, et comment ça va pouvoir en sortir… Mais bon. En désespoir de cause, avec tes membres en sang, tu lui en parles…

    « Et bien c’est rien, Madame ! Vous faites juste une réaction allergique au corps étranger qui est en vous !

    -Gné ? (regard con associé)

    -Madame, c’est tout simple, vous êtes allergique à votre bébé !

    [Silence choqué]

    -Et… comment on peut me soulager ?

    -Pas compliqué ! Il suffit de l’enlever ! »

    Ah ah ah… Quel sens de l’humour ! 6 mois ½ de grossesse…

    Résultat : tu n’as plus qu’à dormir avec deux paires de chaussettes (aux pieds ET aux mains : so romantic…) pour éviter de te gratter pendant ton sommeil…

    N’empêche… il avait raison… Une fois le « corps étranger » parti, tout revient à la normal… Comme quoi…


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  • Quand Hérisson est né, il s’est passé un truc louche…

    Un truc bizarre, une situation anormale, anxiogène…

    Quand Hérisson est né, mon regard s’est déformé…

    J’en ai été profondément marquée,

    J’en ai été énormément touchée,

    Et je me suis fortement culpabilisée…

    La veille de la naissance de Hérisson, quand je suis partie à la maternité, ma petite Coquillette avait 2 ans, 2 mois, et 15 jours.

    Le lendemain, jour de la naissance de Hérisson, quand elle est venue nous rendre visite et découvrir son petit frère, elle avait théoriquement 2 ans, 2 mois et 16 jours.

    Sauf que mon regard avait changé.

    Sauf que ma vision s’était floutée.

    Sauf que des lunettes déformantes avaient été insidieusement posées sur mon nez.

    Et que ma petite Coquillette, mon bébé, ma puce de 2 ans (et des brouettes), mon tout-petit, m’est apparue à cet instant énorme, immense, monstrueusement grande, mûre et étrangère.

    Oui, étrangère.

    J’avais quitté un petit bout la veille au soir, et je retrouvais un grand enfant.

    Comme la raison ne m’avait pas quittée pendant la nuit, je savais bien que ma puce n’avait qu’un jour de plus. Qu’un tout petit jour.

    Mais en comparaison à la petite crevette qui occupait le berceau à côté de moi, elle me paraissait gigantesque…

    Je ne reconnaissais pas ma fille. J’ai même eu (et c’est très difficile à dire), comme un mouvement de rejet : cette grande fille n’était pas la mienne ! Moi, je n’avais que des bébés, deux bébés, l’un juste un peu plus grand que l’autre…

    Et c’est comme si, à la naissance de Hérisson, je m’étais brusquement rendue compte que ma petite puce avait grandi depuis deux ans… Qu’elle avait grandi sans que je m’en aperçoive réellement. Qu’elle avait grandi et que je ne l’acceptais pas.

    Pourtant, ma chérie était toujours la même, toujours avec ses bouclettes blondes et ses grands yeux bleus. Toujours cajolante, toujours affectueuse, toujours aimante.

    J’ai eu mal. J’ai eu très mal de me sentir comme ça. J’ai culpabilisé énormément…

    Lorsque j’ai tenté d’en parler autour de moi, on m’a répondu « n’importe quoi ! Elle n’est pas grande du tout ! Elle n’a que deux ans !!! ». Merci, merci bien… Je le sais, si tu savais… N’empêche…

    Alors, après la naissance de Hérisson, j’ai fait un baby-blues. Mais ma dépression n’avait pas pour objet ce nouveau petit être… Non, ma dépression était liée à cette petite fille que je découvrais à côté de moi. Cette petite fille que je devais apprivoiser, découvrir, accepter et aimer comme une petite fille de 2 ans. C’était elle, la nouveauté. Elle, pour qui je ne m’étais pas préparée… Cette petite fille pour qui rien n’avait changé.

    Je me suis sentie mauvaise mère, j’ai culpabilisé énormément… Cette période a été très difficile à vivre…

    Du coup, Je prévenais mes amies qui attendaient leur deuxième bébé. Je les mettais en garde. Mais en fait, personne n’a vécu la même chose. Non. Et Heureusement. Mais dans le nid, il s’est vraiment passé un évènement bizarre dans ma vie à ce moment-là. Ma puce a grandi en une nuit.

    Après coup, je pense que la cause de tout ça est à chercher dans l’année qui a précédé la naissance. Pendant un an, comme j’avais changé d’orientation professionnelle, j’avais été le nez dans le guidon, en pleine formation, entourée de jeunes célibataires sans enfants, qui pouvaient travailler autant qu’ils le souhaitaient chez eux. Coquillette allait alors à la crèche, je la récupérais tard le soir, m’en occupais en tentant de bosser en même temps, et la « refilais » à l’Homme dès qu’il rentrait du travail pour me consacrer à mes études… Pendant un an, je ne l’avais pas vue… Et quand Hérisson est arrivé, j’étais encore bloquée dans ma tête avec une puce de 13 mois. Je pense qu’en fait la naissance de Hérisson m’a enlevé mes œillères, que j’ai réalisé qu’un an s’était écoulé, et que j’ai découvert cette petite fille de 2 ans, 2 mois, et 16 jours…

    Après coup, on trouve des explications.

    En plein dedans, j’étais perdue, affolée.

    Et quand j’ai attendu Bouchon, j’ai vu le jour de l’accouchement arriver avec angoisse. Je me suis préparée. J’ai bien regardé mes deux ainés. Je me suis bien imprégnée du fait qu’ils avaient 6 et 4 ans. J’ai intégré leur âge, et je suis partie, anxieuse, accoucher.

    Le lendemain, quand ils sont venus admirer leur nouveau petit frère, je les ai attendus avec forte anxiété, mes chéris… Ils sont arrivés. Ils avaient 6 et 4 ans. Ils n’avaient pas changé. C’étaient bien eux. Je les aimais. J’avais trois oisillons. Tout allait bien. Le miroir ne s’était pas de nouveau déformé…

     


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  • Bouchon a un souci. Un souci qui nous emmène à consulter de nouveaux spécialistes médicaux (après les ostéos, le kiné et un pédiatre pour le crâne, le kiné, le neuropédiatre et un autre pédiatre pour la motricité, voici la salve suivante !). En vrai, Bouchon a la diarrhée… Que du classique… Mais une diarrhée qui dure depuis 1 mois ½. Et là, c’est moins bon…

    Rien n’y a fait : les plâtrées de carottes, riz et pomme-coing n’ont rien plâtré, les médicaments anti-diarrhéïques n’ont rien arrêté, le lait de régime sans lactose n’a rien changé. Les diarrhées étaient là, parsemées ici ou là de vomissements. 1 mois ½ plus tard, Bouchon n’a pas grandi d’un centimètre, et a déjà perdu 500g (500g sur 9 kg 500, c’est beaucoup).

    Au début, la pédiatre a pensé aux dents.

    Ensuite, elle a imaginé la gastro sans fièvre.

    Enfin, elle s’est inquiétée.

    Elle nous a parlé de la maladie de Krohn, maladie vraiment pas gentille, sans trop y croire (ou sans trop vouloir nous inquiéter ?).

    Et puis elle a évoqué une allergie alimentaire, à démarrage soudain. Alors elle a prescrit un lait spécial pour enfants allergiques, un lait qui sent vraiment mauvais, déjà pré-digéré… Et là, ce fut miraculeux… Le lait anti-allergique a fait des miracles dans les couches de mon Bouchon.

    Alors, elle nous a envoyés chez l’allergologue… qui a fait des tests cutanés… et n’a rien trouvé…

    Et l’allergologue nous a envoyés faire une prise de sang. Pour voir mieux.

    A la prise de sang, Bouchon était intrigué. Il a fait un sourire à la dame, a tout regardé partout, a tendu sa petite main pour désigner tout ce qui l’entourait, d’un air interrogatif, et a été très attentif à toute la préparation.

    J’ai dû m’asseoir dans le fauteuil, prendre Bouchon bien calé sur moi, et lui remonter la manche. Mon bébé a essayé de la rabaisser pour être plus libre de ses mouvements, et j’ai dû le bloquer.

    Et puis la dame a installé la lanière qui fait garrot. Une jolie lanière bleue avec des petits robots. Bouchon a trouvé ça rigolo.

    A ce moment-là, une autre dame est arrivée, en renfort.

    Ma mission, bloquer les jambes de Bouchon d’une main, et son bras libre de l’autre. Bouchon a commencé à grogner. Je l’ai rassuré en lui chuchotant dans l’oreille.

    La mission de la deuxième dame était de bloquer son bras à piquer. Juste son petit bras dans ses deux grandes mains à elle.

    Et la première dame, elle, a parlé à Bouchon, et l’a piqué. Mon bébé s’est raidi, mais n’a rien dit. La laborantine lui a pris 4 petits flacons de sang, pour qu’il y en ait assez pour l’ensemble des tests, et même un peu plus, pour ne pas avoir à le repiquer, au cas où…

    Bouchon est resté raide. Il ne bougeait pas, il ne criait pas. Il était tendu comme un arc pendant toute la durée de l’opération. Et moi, je n’étais pas mieux. Crispée sur ses membres pour ne surtout pas qu’il bouge, n’osant pas regarder la quantité de sang prélevée, susurrant des paroles de réconfort à mon tout-petit. Et avec 4 flacons à prélever, l’opération, elle a un peu duré…

    Enfin, tout s’est terminé. Hop, l’aiguille a été retirée, hop, le garrot a été enlevé… Un petit morceau de coton a été posé sur le petit trou, avec mission pour moi de bien appuyer… et tout le monde a relâché la pression…

    Et Bouchon a relâché la pression également. Et c’est là, une fois tout terminé, une fois que tout le monde l’a eu lâché, une fois les flacons remplis et l’aiguille jetée, une fois la deuxième dame partie… C’est là que l’angoisse qui devait le tenir depuis le début, ce stress sur ce qu’il se passait autour de lui, que tout ça est remonté… Et Bouchon s’est mis à hurler. Hurler. Et pleurer. Beaucoup. Et se débattre. Aussi.

    Et moi qui devais continuer à appuyer sur le petit coton « tenez bien, Madame », je me suis trouvée bien empêtrée pour réconforter mon bébé. Je n’ai pas pu lui faire de câlin, je n’ai pas pu le tourner vers moi.

    Alors c’est comme ça, lui assis sur moi, son dos contre mon ventre, que j’ai tenté de le rassurer. Que je lui ai parlé, expliqué… Que je l’ai consolé. Que je l’ai câliné.

    Mais les hurlements duraient, duraient… Les larmes coulaient à flots sur les joues rebondies-amaigries de mon Bouchon.

    Alors la dame a sorti une « boîte à images pour les enfants sages », et a demandé à Bouchon d’en choisir une.

    Bouchon s’est calmé. Il l’a regardé. Il a regardé la boîte. A plongé sa main dedans. A admiré. A comparé. En a pris une poignée. Etait intéressé. A oublié la piqure.

    J’ai choisi pour lui une image. Un dessin d’un gros bonhomme sur une moto. Il l’a bien aimée. Il a accepté de lâcher les autres.

    La dame lui a remis un diplôme de « petit garçon très courageux », l’a félicité, a posé un sparadrap pour maintenir le petit morceau de coton que je n’avais toujours pas lâché, et nous a dit au-revoir.

    Les résultats, on les attend pour demain.

    En attendant, je suis rentrée dans la maisonnette avec mon Bouchon courageux, son petit coton maintenu par un sparadrap, son image et son diplôme…

    En attendant, on continue le lait spécial.

    En attendant, on laisse l’estomac se reposer.

    En attendant, on ne cherche pas à le peser.

    En attendant, on s’occupe de le rassurer…

    Quand on prend le sang de ton bébé…

     


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  • Tout a commencé dans la semaine, quand les grands oisillons ont demandé à l’Homme de les emmener à la piscine ce week-end. Alors dans notre planning ultra-chargé, entre la fermeture de la piscine le samedi matin, l’anniversaire d’une copine de Coquillette l’après-midi, la raclette du samedi soir, et les cousins à la maison le dimanche midi, le choix du créneau horaire fut vite fait : la piscine serait dimanche matin (je passe sur la motivation extrême de l’Homme à l’idée d’aller faire trempette dans l’eau quand la température extérieure atteint laborieusement les -1°C…).

    Dimanche matin, l’Homme a donc mis son réveil pour aller patauger avec les deux grands, tandis que je grasse-matinais voluptueusement. Oui, l’Homme est un gentil. Oui, il est à moi. Sauf que Bouchon était réveillé et pleurait dans son lit. Que l’Homme est passé le voir avant de partir, l’a trouvé chaud, lui a donné du doliprane, et l’a laissé se reposer dans son lit.

    La première étape du bug venait d’avoir lieu…

    De mon côté, j’ai végété tranquillou une petite heure sous ma couette avant d’émerger. Lever de bibi, donc, qui va jeter un œil dans la chambre où dort Bouchon. Sauf qu’il ne dort pas. Il chouine, il couine, il gémit, il n’est pas bien. D’ailleurs, il est chaud ! Et même plus, il a 38°C à gauche, 38°5 à droite, et 37°8 dans le derrière… Bref, je câline mon pauvre petit bébé, et pour baisser la fièvre qui le rend patraque, lui donne du doliprane…

    Fin de la deuxième et dernière étape du bug…

     

    La matinée a continué…

    Je fais déjeuner mon Bouchon, je déjeune moi-même, me prépare, recouche Bouchon grognon et prépare le repas pour nos convives du midi.

    L’Homme finit par rentrer avec deux oisillons trempés et piaillant. Je profite du compte-rendu à deux voix de la matinée aquatique, tout en éminçant mes oignons. Et lorsque les oisillons ont eu fini de piailler, l’Homme m’a raconté son début de matinée… Bouchon réveillé, Bouchon chaud, Bouchon doliprané…

    Et là, le temps s’est arrêté. Pendant un long moment. Mon cœur s’est serré brusquement, je n’arrivais plus à respirer…

    Doliprane + Doliprane, à une heure d’intervalle.

    Un méga bug.

    Un surdosage.

    Une overdose.

    Une erreur humaine.

    Un papa et une maman anxieux, chacun de leur côté, pour leur bébé.

    L’Homme au courant du bug, je file voir si Bouchon respire encore. Et il respire encore. Il a même levé un œil pour voir ce visage apeuré au-dessus de lui…

    Forcément, j’ai pensé « Centre Anti-Poison ». Sauf que le centre anti-poison a un côté dramatique. Leur téléphoner rendrait notre erreur très réelle. J’ai immédiatement imaginé le pire : urgences, lavage d’estomac, inconscience et compagnie. Et mon cœur de maman a bugué lui aussi. Je ne voulais pas voir tout ça. Je ne voulais pas le vivre. Sauf que faire l'autruche n'aurait rien changé à la situation, et que j'étais vraiment angoissée... Alors j'ai téléphoné. Prête au pire.

    Le médecin au bout du fil a commencé par poser plein de questions. Elle m’a demandé si Bouchon avait des problèmes médicaux particuliers, des soucis au foie, un traitement actuellement, la raison de la prise de doliprane, l’horaire des différentes prises du matin, la date de la dernière administration du médicament… qui était la veille au soir (oui, Bouchon était grognon et les quenottes de sortie).

    Et puis la doctoresse m’a ENFIN rassurée… Ce qui est important, outre le dosage par prise (hum…), c’est la dose totale reçue en 24h. Et là, on était bons. Elle m’a assurée que la double dose n’était pas nocive si exceptionnelle, et que si des symptômes apparaissaient, c’était lié à la pathologie qui provoque la fièvre et non pas à notre terrible bug… Par contre, il avait eu sa dose pour la journée ! Alors, même si fièvre, elle m’a enjoint à ne pas donner de doliprane moins de 12h après notre connerie… histoire de sauter une prise…

    Finalement, le « Centre Anti-Poison », c’est pas si pire que ça… Le plus pire dans l’histoire, c’était l’angoisse qui a précédé le coup de fil !

     


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